Le moulin Marguet à Voiteur

   Il est établi vers 1805 "au Coutelat" sur le Chambion, petit affluent de la Seille. Il est la propriété d’Emmanuel Gaudot, aubergiste et débitant de tabac à Voiteur, maire. L’appellation de « moulin à tabac » désigne l’établissement jusqu’au début du XXè siècle.

 

   En 1821, il comporte une huilerie et un battoir à chanvre. Le bail stipule que les preneurs devront y construire une scie à eau. En 1838, Claude François Gaudot, fils d’Emmanuel, y est huilier. En 1858, receveur et buraliste, il vend l’établissement pour 37 000 frs à Alphonse Gaudet, employé chez un notable de Voiteur. Il y a une huilerie et une gypserie.  

 

   En 1860, Gaudet loue à Charles-Louis Verne, martineur à Grusse. Il doit supprimer le battoir à gypse et établir un martinet à deux fournaises.  En 1870, les héritiers d’Alphonse Gaudet vendent tous ses biens immobiliers à Charles Coulon, maître d’hôtel à Voiteur. Des martineurs prennent à bail l’établissement en 1876 mais il devient peu après scierie, exploitée par un négociant en bois, Just Jeunet puis par Henri Guinard, rentier à Nevy, qui loue aux enfants de Charles Verne, alors martineur à Lons : ils rétabliront le martinet. Protais Verne et son beau-frère, Émile Philibert, exploitent jusqu’à la fin du siècle, remplacés par Alphonse Colleville.

 

    En 1910, Jules Marguet, meunier à Nevy, achète le moulin pour

5 000 frs. Il désaffecte le martinet, aménage un nouveau bassin rive droite qui apporte un supplément d’eau au bassin rive gauche, au moyen d’une canalisation souterraine.

   Jules Marguet s’engage dans la tabletterie, le moteur hydraulique animant scie à ruban et diverses machines-outils (raboteuse). Il produit des caisses d’emballage pour vins mousseux… En 1914, est ajouté un broyeur à grains pour farine à bétail. Il fonctionne pendant la guerre. Jules Marguet étant mobilisé, sa femme le remplace.

   En 1919, commence la fabrication de rais de roues de "voiture" (en Franche-Comté, charrette à quatre roues à bandage) en acacia. Un vaste hangar est construit à côté de l’usine pour le séchage et le stockage. Une machine à reproduire les rais est fabriquée par les établissements Dalloz à Macornay puis une par la fonderie Baudin.

   Un moteur à gaz pauvre est installé ; il brûle les chutes : sciure et copeaux. Il est remplacé vers 1947 par un moteur électrique.

   L’atelier emploie 10 à 15 travailleurs, produit 300 à 400 rais par jour et fournit 15 départements de l’est et du centre de la France par chemin de fer.

   Après la guerre, les rais sortant de l’usage, l’usine s’engage dans la tournerie de robinets pour tonneaux, se reconvertit en 1953 dans la fabrication de jeux de boules, notamment à destination des magasins « France-Bazar », puis en 1965 dans les jeux de croquets.

   Georges Marguet a succédé à son père en 1941. L’atelier cesse son activité professionnelle en 1985.

   Le moulin, où les deux roues à augets et toutes les machines sont restées en place, est racheté par la petite fille de Jules Marguet, qui a commencé à restaurer cet atelier unique en Franche-Comté et peut-être en France.

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